Retour accueil

Vous êtes actuellement : Actualités 


fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail envoyer par mail suivre la vie du site syndiquer le forum

Remise en cause du paritarisme dans les CAPD !

jeudi 6 novembre 2008

Recul important de l’équité et de la transparence dans les mouvements départementaux !

Le BO du 06/11/08 a publié une note de service donnant les instructions du ministre sur l’organisation des mouvements départementaux. lire le BO.

La mise en cause de l’équité et du paritarisme !

Les CAPD ne sont pas citées dans cette note de service. Elles sont remplacées par des groupes de travail, dont la composition n’est pas définie, ou « une consultation des organisations professionnelles représentées dans les instances paritaires ». La circulaire oublie de rappeler la loi : « L’autorité compétente procède aux mouvements des fonctionnaires après avis des commissions administratives paritaires. Dans les administrations ou services où sont dressés les tableaux périodiques de mutations, l’avis des commissions est donné au moment de l’établissement de ces tableaux » (art. 60 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d’Etat).

L’insistance sur le caractère indicatif du barème et sur les possibilités d’affectation hors barème, l’absence du rôle des CAPD dans l’élaboration des règles et dans le suivi de leur application mettent en cause le paritarisme.

La volonté affichée est de réduire au minimum le rôle des CAPD à la simple obligation réglementaire (consultation avant décision d’affectation). Le recours aux groupes de travail devient la référence mais uniquement si l’IA le juge opportun. Les projets d’affectation seront portés à la connaissance des collègues plusieurs jours avant que les délégués du personnel ne soient destinataires du projet de mouvement. La CAPD ne sera pas réunie qu’avant les décisions finales d’affectation, il n’y aura pas obligatoirement correction des erreurs constatées (le barème n’étant qu’indicatif). Pour le SNUipp, la CAPD doit être informée et donner son avis à toutes les étapes du mouvement des personnels. C’est une condition nécessaire pour garantir l’équité et la transparence de ces opérations.

Affectations hors-barème !

Le principe affiché est clairement l’individualisation de la gestion des affectations. L’insistance sur l’aspect indicatif des barèmes, la multiplication des postes à profil attribués hors barème obéissent à la volonté de mettre fin à la gestion collective. Ainsi les collègues n’auront plus de repères communs, de règles claires pour pouvoir contrôler le traitement de leur demande. De simples entretiens doivent permettre de choisir l’enseignant qui correspond au profil sans aucune référence au barème qui est jugé inefficace pour opérer ce choix. La qualification CAFIPEMF ou CAPA-SH ne sont plus nécessaires pour occuper des postes de formateurs ou de CLIS. Actuellement, de nombreux postes sont occupés par des « faisant fonction » faute d’enseignants qualifiés. Les candidats pourront être affectés à titre définitif après avoir été sélectionnés par un entretien. Cette incitation ne peut conduire qu’à l’affaiblissement du nombre de départs en stage CAPA-SH et de candidats au CAFIPEMF, à une baisse des compétences reconnues par une qualification. De même, l’inscription sur liste d’aptitude de direction n’est plus une condition requise pour occuper un poste de direction, un entretien hors contrôle de la CAPD pouvant suffire.

Suppression des postes RASED avant que le budget ne soit voté !

A ce chapitre, figure un paragraphe sur les conséquences de la suppression des 3000 postes E et G de RASED. Il est en effet demandé aux IA « d’apporter une attention particulière aux maîtres spécialisés qui devront recevoir une affectation en poste fixe en adéquation avec leurs compétences acquises dans le suivi des élèves rencontrant des difficultés scolaires ». C’est la confirmation que les « réaffectations » annoncées dans le budget correspondent bien à des suppressions de postes E et G. La formule utilisée n’apporte aucune indication pratique, si ce n’est en termes de priorité (normale dans les mesures de carte scolaire). La notion d’affectation « en adéquation... » peut recouvrir plusieurs catégories de postes : enseignants référents, maîtres de soutien RAR, mais aussi des postes classe ordinaire en zones difficiles.

Néo-titulaires : des modalités et des personnels qui n’existent pas !

Pour les néo-titulaires, le projet anticipe le nouveau mode de recrutement et de formation notamment par « le choix de l’enseignant référent » dont nous n’avons aucune définition précise et par les modalités de formation qui « devront se dérouler hors du temps de présence des élèves » on trouve également le compagnonnage et le rôle accru du directeur dans cet accompagnement. Tous ces éléments doivent faire l’objet de discussions dans le cadre du nouveau mode de recrutement et sont mis en œuvre alors qu’à la rentrée 2009 les néo-titulaires sont des PE2 sortants. Ils pourront être nommés à titre définitif et hors barème pour éviter des postes difficiles.

La mobilité se réduit à la mobilité géographique.

Les phases complémentaires du mouvement ne sont plus soumises à élaboration d’une nouvelle liste de vœux par les collègues : « Aucune autre saisie de voeux ne devrait être organisée en vue de la phase d’ajustement dès lors que les enseignants auront en phase principale, formulé des vœux géographiques indicatifs ». En clair, ils seront affectés sur des postes vacants à partir des « indications » géographiques formulées lors de la phase principale. Ce procédé peut réduire la mobilité à la seule mobilité géographique, il n’est pas tenu compte du fait qu’un collègue peut rechercher en phase complémentaire un poste non pour sa localisation géographique mais en fonction de la nature du poste (direction d’école, poste spécialisé, etc.).

Accompagnement des collègues.

Afin d’éviter que les collègues n’aient recours qu’à leurs délégués du personnel pour être conseillés et accompagnés dans leur démarches, des plateformes téléphoniques seront mises en place. Elles seront constituées de personnels de l’IA quand ce sera possible ou, dans le cas contraire, de centrales téléphoniques privées. Chaque collègue sera informé individuellement de son projet d’affectation sans pouvoir contrôler qu’il a été traité avec équité. Aucun contrôle n’ayant pu être effectué par les délégués du personnel, chaque collègue se retrouve seul avec des informations distillées par des personnes étrangères à l’éducation nationale.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |