Retour accueil

Vous êtes actuellement : Actualités 


fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail envoyer par mail suivre la vie du site syndiquer le forum

Luc Chatel annonce l’ouverture d’un chantier sur les rythmes scolaires

mardi 30 mars 2010

Après avoir supprimé le samedi matin à l’école, le Ministère de l’Education Nationale demande d’"encourager", dans sa circulaire de rentrée 2010, le mercredi matin travaillé : « L’organisation de la semaine en neuf demi-journées (du lundi au vendredi en incluant le mercredi matin) est encouragée chaque fois qu’elle rencontre l’adhésion. »

« Nous allons ouvrir le chantier des rythmes scolaires », déclare Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, sur RTL dimanche 28 mars 2010. « Et quand je dis rythmes scolaires, ce n’est pas uniquement organisation en quatre jours ou quatre jours et demi. C’est aussi l’amplitude de la pause méridienne, la charge de travail pour les élèves tout au long de la journée, le nombre de jours de classe par an. Je souhaite ouvrir ce débat en toute transparence. Les fédérations de parents d’élèves sont pour », poursuit le ministre.

Interrogé sur le contenu de la circulaire de rentrée 2010 qui indique que « l’organisation de la semaine en neuf demi-journées est encouragée chaque fois qu’elle rencontre l’adhésion », Luc Chatel explique qu’ « il n’y a aucun loup là-dessous » : « Cela fait neuf mois que je suis ministre de l’Éducation nationale, que je répète qu’il faut faire confiance aux acteurs locaux et qu’il faut une liberté dans l’organisation locale de la semaine. […] Je veux mettre en œuvre la liberté. […] Dans les faits, c’était très difficile et parfois même, mon administration n’accompagnait pas forcément ce mouvement. Eh bien, dans cette circulaire de rentrée, j’ai dit que lorsque, effectivement, localement, il y a une volonté d’organiser la semaine sur 9 demi-journées, il ne faut pas que nous soyons un frein. Il faut au contraire que l’on accompagne et que l’on accepte que l’on puisse vivre à des rythmes différents. »

Rappelons que cette possibilité du transfert de tout ou partie des heures du samedi sur le mercredi était prévue dans la circulaire ministérielle de 2008. Dans la Marne c’est l’Inspection Académique qui avait écarté cette possibilité retenue par certaines écoles à l’époque. De plus une telle décision doit recueillir un avis favorable du Conseil d’école et avoir l’appui des collectivités territoriales afin d’harmoniser les pratiques sur un même territoire. Contrairement à ce qui a pu être annoncé attivement dans certains médias, il est fort peu probable qu’il y ait de grands changements à la rentrée 2010...

Retour sur cet interminable feuilleton des rythmes scolaires :

Qui a dit : "L’organisation et la gestion du temps scolaire comportent des insuffisances persistantes, il faut mieux organiser les activités scolaires dans la journée, la semaine, l’année" ? Lionel Jospin en 1989.

Qui a dit : "Je souhaite parvenir, sur la durée d’un septennat, à instituer, partout en France, un système qui consacre le matin aux disciplines de la connaissance traditionnelle et l’après-midi aux disciplines sportives et aux enseignements artistiques au nom de l’intérêt de l’enfant et de l’égalité des chances" ? Jacques Chirac en 1995.

Qui a dit : "Je souhaite, au nom de la réussite des élèves, demander à toutes les écoles d’ouvrir le débat sur l’aménagement de la journée et de la semaine" ? Ségolène Royal en 2000.

Qui a dit : "Je suis pour la suppression des classes le samedi matin sans report sur les autres jours de la semaine" ? Nicolas Sarkozy en 2007.

Qui propose désormais d’instaurer l’école le mercredi matin ? Son ministre Luc Chatel.

Et Xavier Darcos, qui avait été chargé, alors qu’il était ministre de l’éducation nationale, de mettre tous les écoliers à la semaine de quatre jours, que dit-il ? Rien. Il a quitté le gouvernement.

Pendant toutes ces années, des spécialistes - chronobiologistes, inspection générale de l’éducation nationale (IGEN), académie de médecine - ont multiplié rapports et recherches pour dénoncer, avec constance, des journées de classe trop longues, des années scolaires trop courtes et l’inadaptation des rythmes aux besoins physiologiques de l’enfant.

Lire : Les rythmes scolaires sont-ils adaptés aux besoins des enfants ? de Hubert Montagner.

Des tentatives ont bien été lancées : rappelons-nous les "après-midi sans cartable" de Guy Drut ou le "modèle" encensé d’Epinal. Mais jamais elles ne furent testées à grande échelle. Des années de discours pour finalement parvenir, en septembre 2008, à la généralisation de la semaine de quatre jours.

Résultat : vingt-quatre heures de cours concentrées sur quatre journées."Fatigue des enfants, manque de temps pour les apprentissages, les inconvénients de la semaine de quatre jours se confirment", résume l’IGEN en 2009.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |