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La loi Rilhac adoptée par l’Assemblée : danger !

vendredi 1er octobre 2021

La loi Rilhac fait entrer les directrices et directeurs dans la chaîne hiérarchique sans leur donner aucun moyen supplémentaire pour assurer leur mission. Le texte doit être, à présent, voté par le Sénat pour entrer en application.

Le ministre parle d’une "pleine reconnaissance" de la fonction de directeur.

Vraiment ?

Décryptage du SNUipp-FSU

Le directeur dans la chaîne hiérarchique

Chaque directeur recevra de l’IEN une délégation de compétences qui lui donnera autorité sur les enseignants dans le cadre de celle-ci. Il dispose ainsi d’une « autorité fonctionnelle » qui le place, de fait, dans la chaîne hiérarchique.

Des missions nouvelles vont lui être imposées avec le travail supplémentaire qui en découlera.

Sa subordination à l’IEN ainsi que la pression qui va s’exercer sur lui sont renforcées contrairement aux moyens dont il disposera !

Jugez-en par vous-même...

Des décharges à la tête... de l’école

La décharge n’est plus déterminée en fonction du nombre de classes uniquement comme jusqu’à présent mais « en fonction du nombre de classes et des spécificités de l’école ».

Jusqu’à présent, la quotité de décharge attribuée, certes insuffisante, était réglementée.

C’était une garantie d’équité entre les écoles, lors des opérations de carte scolaire, notamment.

Ce ne sera désormais plus le cas, cette nouvelle modalité de répartition laissant la possibilité au DASEN de décharger différemment deux directrices ou directeurs ayant pourtant le même nombre de classes dans leur école.

L’aide administrative ? une chimère !

L’article 2 bis précise : « lorsque la taille ou les spécificités de l’école le justifient, l’Etat et les communes ou leurs groupements peuvent, dans le cadre de leurs compétences respectives, mettre à la disposition des directeurs d’école, les moyens permettant de garantir l’assistance administrative et matérielle de ces derniers. »

L’aide administrative est une demande aussi essentielle pour les directeurs que l’augmentation des quotités de décharges !

En écrivant « l’Etat et les communes », qui peut dire à présent qui est responsable de l’attribution de cette aide administrative tant espérée ? Il y a fort à parier que l’Etat laissera les communes s’en charger avec un traitement forcément inégalitaire entre les écoles.

Autre point inacceptable, la formation du directeur n’est plus obligatoire ni inscrite dans le temps. Tous les PE suivront une formation à l’emploi de directeur et il n’est plus fait mention d’une formation spécifique.

C’est bien simple, tout ce qui est contraignant pour l’Etat a été retiré de ce texte !

Il n’y a aucune réelle revalorisation et la délégation de compétences peut être retirée par l’IEN à tout moment, le directeur redevenant un PE comme les autres.

Cette loi ne répond aucunement aux demandes de la profession. Les directrices et directeurs veulent une réelle revalorisation et des moyens pour accomplir leurs tâches mais ne souhaitent pas, dans leur grande majorité, être des supérieurs hiérarchiques. Les relations au sein des équipes risquent de se modifier avec les délégations de compétences attribuées par l’IEN aux directeurs.

Gageons que cette « pleine reconnaissance » ne va pas susciter un grand engouement pour cette fonction !

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